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Capsule santé

­Ce sont les ­habitud­es de vie qui ont le plus grand impact sur la santé de votre cœur.­­­­

­­­­­­­­­­La santé de votre cœurDepuis 1970, on a connu des améliorations importantes en ce qui concerne les maladies cardio-vasculaires, surtout en Occident, en raison notamment d’une réduction de 50 % du taux de mortalité, surtout chez les plus de 30 ans. Alors, pourquoi encore parler de prévention?

Les plus récentes statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur l’obésité à travers le monde, s’avèrent accablantes, à tel point que l’on parle d’épidémie qui se propage à un rythme effréné en Amérique du Nord. On voit de plus en plus d’adolescents aux prises avec le diabète de type 2, ce qui était à peu près inexistant auparavant. Et comme on sait que les maladies coronariennes surviennent dans la décennie qui suit l’apparition du diabète, on s’attend à une deuxième épidémie de maladies cardiovasculaires dans les 10 à 15 prochaines années (Dr. Martin Juneau, ICM, EPIC).

L’hérédité joue un rôle que certains chercheurs évaluent à environ 10 à 20 % du risque global. Ce sont les habitudes de vie qui ont le plus grand impact. Selon l’étude INTERHEART, il y a neuf facteurs de risques modifiables qui expliquent jusqu’à 90 % du risque global des infarctus aigus du myocarde (dyslipidémie, tabagisme, hypertension, diabète, obésité abdominale, stress psychosocial) et trois sont des facteurs protecteurs (consommation journalière et abondante de fruits et légumes, pratique régulière d’exercice physique et consommation modérée d’alcool). La particularité des maladies cardiovasculaires, c’est que trop souvent, il n’y a pas de signes extérieurs indiquant que le cœur va mal. Le premier symptôme est soit l’infarctus du myocarde, soit la mort subite dans la moitié des cas.

D’abord, il faut dénoncer l’environnement « toxique » dans lequel nous évoluons, qui est une des causes de l’épidémie d’obésité (qualité de la nourriture accessible, omniprésence de l’automobile, manque d’installation pour faire de l’activité, etc.).

Au cours des années 80, une équipe de chercheurs suédois a démontré que l’accumulation de graisse abdominale était un meilleur prédicteur de la mortalité associée aux maladies cardiovasculaires, que l’excès de poids corporel. L’utilisation de la tomographie axiale (scan) a permis de mesurer la quantité de graisse présente, non sous la peau, mais à l’intérieur de l’abdomen, entre les viscères. Cette graisse s’appelle tissu adipeux intra abdominal ou viscéral.

Cette obésité viscérale aura pour conséquence d’importantes anomalies métaboliques telles que : augmentation des besoins en insuline (qui mènent progressivement vers l’épuisement de cette hormone), intolérance au glucose (glycémie qui vacille vers le haut), excès de triglycérides (réserves de gras qui se retrouve dans le sang), une plus grande proportion de particules petites et denses de gras LDL oxydés (contribution aux plaques vasculaires de gras), de même que des niveaux réduits de « bon » cholestérol HDL. Tout ceci pourrait augmenter de 20 fois le risque de maladies coronariennes (Dr Després et son équipe de recherche cardiovasculaire de Québec). Voilà la raison pour laquelle, un risque cardiovasculaire élevé peut être estimé chez les patients sur la base de deux variables simples : le tour de taille et le taux de triglycérides dans le sang.

Et la bonne nouvelle, c’est qu’une perte de poids de seulement 5 à 10 % chez les sujets avec obésité viscérale, peut entraîner une réduction de 30 % du tissu adipeux viscéral et avoir un impact positif sur la santé cardiovasculaire. Plusieurs études clinique et populationnelle concluent unanimement que l’alimentation méditerranéenne riche en oméga-3 protège contre les maladies cardiovasculaires.

« La communauté médicale ne peut seule combattre cette épidémie, précise le Dr Després. La lutte contre l’obésité nécessite une reconfiguration de notre environnement par une approche globale, multifactorielle centrée sur la prévention. » Dr Jean-Pierre Després, Directeur de la recherche, Institut de cardiologie de Québec, Centre de recherche de l’Hôpital Laval.

« La société ne peut pas survivre à une augmentation galopante de l’obésité. Je souhaite que les gouvernements investissent davantage dans la prévention, parce qu’on ne fait pas le poids… contre les multinationales (de la malbouffe). À titre d’exemple, il pourrait rendre la saine alimentation plus abordable pour tous. La médecine ne peut pas tout régler!» Dr Martin Juneau, Directeur de la prévention, Institut de cardiologie de Montréal. ­

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